Boris Gaberscik
L'ordre des choses
2012-06-29 to 2012-09-08

De Budapest à Buenos Aires, de Zagreb à Trieste, Graz ou Salzbourg, Boris Gaberscik, photographe slovène, est aujourd’hui exemplaire et emblématique de cette exploration méticuleuse du réel, abusivement traduite en français comme nature mort.

Exposée ou présente dans les plus grands musées, son œuvre singulière se situe aux antipodes des lyrismes pictorialistes ou des confrontations drolatiques d’objets anachroniques. Elle déroule des mises en scènes dressées comme des rencontres de hasards non fortuits dans lesquelles se raconte l’étrange histoire de sa mémoire et de ses souvenirs. Les images qu’il assemble ne sont pas des collections de bazars de grenier, elles sont de l’ordre de l’architecture. Plus précisément, elles parlent des choses en les représentant comme des fictions d’architecture, dans des projections frontales abruptes ou, refusant la fuite, par des alias de vues axonométriques improbables. Comme les calques de l’architecte, d’incertains plans diaphanes s’interposent parfois entre les objets sans livrer d’autre argument à l’image que l’incertitude des formes et des arêtes. La géométrie et ses concordances sensuelles, la peau des matières et leurs jeux parfaits sous la lumière unidirectionnelle aux aplats de noir, font surgir d’étranges échos de l’espace et du temps.

Gaberscik ne cesse de nous dire que la photographie n’est pas un meuble dans le vestibule de l’œil mais un objet de désir. Sous un alibi de mimétisme, elle nous emporte aux lieux des allusions et des illusions.