Machiel Botman
Machiel Botman
Galerie VU' 2005-04-22 to 2005-06-04

Il photographie comme il respire et il a ce savoir faire incroyable d’imposer des évidences de visions qui se concrétisent dans des tirages doux, sensuels, vibrants.

Il photographie par nécessité intérieure, parce qu’un arbre, une lumière, un paysage ou un visage se sont mis à dialoguer avec les sentiments qui l’habitent autant que les questionnements qui agitent sa manière de sagesse face à l’existence.

Il photographie avec le plaisir sensuel d’un partage de tous les jours avec ceux qu’il aime, connaît ou découvre. Il ne se protège pas, il vit au rythme apaisé, lent sans doute, de celui qui laisse venir les choses en espérant qu’elles arriveront. Il est disponible, juste là, sans posture, juste capable de s’émerveiller que, sur le négatif, reste entier le souvenir de ce qu’il avait perçu mais qu’il doutait d’avoir capté, ou capturé. Il pense que la photographie lui fait des cadeaux, plus que la vie peut-être. Et c’est ainsi qu’il nous transmet des visions lumineuses d’un monde que l’on rêve de toucher avec la même délicatesse que celle qui guide son regard.

On n’explique pas les poètes et on les commente toujours mal. Mieux vaut en venir aux faits, à ce qui fonde cette beauté profonde non seulement des œuvres mais de l’attitude face au monde. Machiel Botman a toujours été un amoureux de la vie et la photographie fait partie de la vie, de sa vie. Il a déployé une constance rare pour exprimer cet amour en devenant un des plus subtils collectionneurs de livres photographiques, une de ses passions. Puis il a voyagé, aimé, et il continue, et il le montre, ce qui est sa façon à lui de le dire. Il peut passer dix années à travailler la maquette de “Rainchild” pour offrir un des livres les plus aboutis et authentiques des dernières années. Il peut refaire vingt fois des maquettes de livres qui n’existeront pas et nous ne pouvons que le remercier d’accepter de les montrer.

Il a le talent de sa discrétion, la générosité de son incapacité à tricher, le rire le plus énergétique qui soit et la vraie élégance de ceux qui pactisent avec le temps et ne l’affrontent pas. Cela vient certainement de cette façon unique qu’ont les vrais musiciens, ce qu’il est, à vivre, inventer et faire partager le tempo. Paradoxalement, les photographies incroyablement silencieuses de Machiel Botman sont traversées de rythmes musicaux, exigeants et doux.

Christian Caujolle