Richard Dumas
Richard Dumas
Galerie VU' 2002-03-15 to 2002-05-11

Il faut rétablir la vérité : Richard Dumas n’est pas portraitiste, mais photographe. Une vérité qui est une évidence pour tous ceux et celles qui regardent attentivement son travail publié dans la presse -et entre autres dans Libération- mais qui, trop souvent, réduisent la pratique du regardeur au motif qu’il décline.

En des temps où la photographie est davantage regardée comme une succession de métiers spécialisés, étanches comme des castes, exercés par des spécialistes “de” la mode, “du” reportage, ”de” la nature morte ou encore “du” portrait, il m’apparaît important d’affirmer que ces anecdotes pratiques sont sans importance aucune. Encore davantage, peut-être, dans le cas du portrait, exercice dans lequel, bien souvent, la pertinence du photographe est dissimulée par le renom de ceux et celles qu’il photographie. On a bien écrit qu’un autre Richard, Avedon pour ne pas le citer, était un mondain et une star parce qu’il a photographié des célébrités ou qu’il était un photographe “de mode” parce qu’il a consacré un certain nombre d’années à ré-inventer la manière de mettre en images le chiffon ! Rassurez-vous, il est simplement un des artistes essentiels de l’histoire de la photographie au XXe siècle.

Le “Richard Dumas photographe” est immédiatement reconnaissable à son élégance, légèrement dandy, à son sens des contrastes à la fois forts et retenus, à sa façon d’inventer des images indatables qui deviennent vite des icônes, au mystère qu’il laisse toujours planer dans des carrés et des rectangles qui retiennent d’étonnantes vibrations de lumière. Cette photographie raffinée est nourrie de littérature, de musique -du jazz au moindre groupe de rock- et, bien entendu, de cinéma, portugais de préférence. En vrai photographe, Richard Dumas nous assène son “autoportrait en vampire” sous forme d’une solide armoire dont la glace ne renvoie pas son image mais
le coup de flash oblique dont il l’a frappée. La métaphore est aussi élégante que savante.

Christian Caujolle