Michel Vanden Eeckhoudt
Michel Vanden Eeckhoudt
Galerie VU' 2000-09-22 to 2000-11-04

Au premier coup d’œil, et si on les regarde une à une, les photographies de Michel Van Eeckhoudt provoquent la surprise, voire l’incrédulité, et déclenche immanquablement un sourire, voire un éclat de rire. Il faut dire que, à voir, dans ses cadres taillés au scalpel et dans ses compositions pures et sans esbroufe, des correspondances formelles et insolites, des rencontres parfaitement inattendues entre des éléments ou des personnages familiers mais qui semblent avoir quitté notre univers ordinaire pour un joyeux surréalisme du quotidien, nous ne pouvons que nous interroger sur la pertinence de notre perception du monde. Et en déduire que nous voyons fort mal, même quand nous regardons. De pieds de nez en coq-à-l’âne, la vision de Michel Vanden Eeckhoudt nous semble alors bien jubilatoire.

Il y a d’un côté, ddes humains qui se livrent à d’étranges activités, qui sont enfermés dans des reflets dont ils n’ont aucune conscience, qui ne se rendent absolument pas compte du dérisoire – voire de l’absurde- de leur situation ou de leur activité. Toput cela regardé et mis en forme sans aucune intention de caricature, avec un sourire en coin qui dit davantage la désolation amusée de l’auteur qu’autre chose. Il y a de l’autre côté, des animaux, tour à tour amusants, aux expressions douloureuses, entre autres dans les zoos, ou en situation de parfaite aberration, notamment quand ils sont en compagnie des humains.

Lorsque l’on rassemble les deux, le sourire fait place à une sorte d’accablement devant tant d’inconscience. Une désolation calme qu’il vaudrait mieux traiter d’un sourire légèrement crispé que par un constat accablant.

A la question : « L’homme descend-t-il du singe ? » certains répondent : « il s’y emploie ». Ce n’est pas vraiment gagné, ai-je envie d’ajouter après avoir regardé les photographies dans lesquelles, durant vingt-cinq ans, Michel Vanden Eeckhoudt a décrypté le monde.

Christian Caujolle