Denis Darzacq
"Nu" et "Fakestars"
Galerie VU' 2004-04-27 to 2004-09-04

Parce qu’elle ne peut exister si, avant elle, n’a existé un réel en trois dimensions la photographie semble attester la vérité alors qu’elle est capable de toutes les illusions, de tous les leurres. En deux séries qui dialoguent avec humour, Denis Darzacq nous invite à cette cérémonie du paraître qui questionne notre crédulité collective envers les images produites par la seule écriture avec la lumière. Et il nous démontre, avec ce qu’il faut de légèreté, comment un reflet devient « une réalité », certes étrange, au moment où une situation bien « réelle » nous plonge dans le doute et nous semble vraiment peu crédible. Bref, il s’agit avant tout de photographie, d’exploration du médium, de réflexion sur ses marges et sur ses tours de passe-passe.

Dans Fakestars< /i>, une collection d’objets lumineux piégés par la pertinence – et certainement la patience- de l’opérateur vient habiter des cieux plus ou moins nuageux. Au moment où la science et les explorations savantes affirment la présence d’eau sur la planète Mars, ces images tombent à point nommé pour relancer les spéculations sur la présence de vivants dans d’autres sphères de notre galaxie. Pour l’instant, ils n’ont pas encore atterri, mais de vitrines en baies d’aéroports, ils nous cernent dans le ballet de leur approche intersidérale. Et, pour tous ceux – et ils sont nombreux -, qui considèrent la photographie comme une preuve, démonstration est faite que nous aurons très vite de la visite venue d’ailleurs.

Les personnages qui apparaîtront pourraient d’ailleurs être des membres de la série Nu. Dans le plus simple appareil, hommes et femmes marchent simplement dans des zones urbaines, dans des banlieues pavillonnaires, aux marges de la ville. Nous ne saurons ni où ils vont, ni d’où ils viennent, ni pourquoi ils sont nus. À la fois bien « réels » et parfaitement étranges, déplacés et tout à fait naturels, ils sont simplement là où ils ne devraient pas être ou, en tout cas, là où nous ne les attendons pas.

Les deux séries sont d’autant plus « réalistes » qu’elles cultivent la couleur avec subtilité sous des lumières naturelles, qu’aucun effet ne vient troubler le jeu et que la bizarrerie de l’ensemble lutte sans cesse avec notre volonté de prendre au sérieux le travail d’un photographe « reproduisant le réel avec fidélité ». Autant dire que tous ceux qui pourraient envisager que ces images
fffff