Ouka Leele
2020-01-24 to 2020-03-07

Figure emblématique de la Movida, cette vague d’émancipation de la révolution démocratique espagnole, Ouka Leele n’a pas d’équivalent par l’originalité de son oeuvre picturale où se rencontrent, dans une étrange mixité, peinture et photographie. Elle met en scène des objets incongrus dans la scénarisation subversive de portraits ou d’icônes surréalistes dont nous doutons de l’origine photographique tant son repeint à l’aquarelle vient perturber notre regard attentif. De la tendresse des pastels à la déchirure criarde d’un kitsch assumé, son imaginaire fantaisiste, burlesque ou situationniste, nous transporte dans un monde baroque à la fascinante poésie insondable.



Cette nouvelle exposition à la Galerie VU’ présente une sélection de tirages cibachromes et d’uniques tirages peints, rassemblant en particulier son célèbre travail sur les Peluquerias, les salons de coiffure où se jouaient la quotidienneté et de ridicules redondances anachroniques. Pour cet ensemble, ses proches – anonymes ou célèbres – posent devant son objectif, chacun affublé d’une coiffure des plus fantaisistes : fruits, seringues, poulpe ou journal.



Nous montrons également des images plus récentes et bien moins connues du grand public, portraits et autoportraits extravagants ou mélancoliques, situations incongrues ou comiques, nus délicats… Car on l’aura compris, Ouka Leele a développé un langage et une écriture qui n’appartiennent qu’à elle. De son univers ludique et inventif surgissent une maîtrise picturale indéniable et une créativité débridée. Cette figure de proue de la Movida, Prix national de Photographie, a poursuivi une oeuvre foisonnante et poétique qui n’a de cesse de réinventer et de réenchanter le monde.



Aussi imprévisible que son oeuvre, Ouka Leele s’expose rarement et malgré la célébrité et la reconnaissance internationale, sa production demeure habitée d’une liberté créative hors du commun, nourrie du souffle passionné qui saisit l’Espagne affranchie du poids des conventions et de l’oppression culturelle.